Ce lundi avait lieu la dernière séance publique du Conseil Général avant les élections du 220 et 27 mars.
Le président Berson a tenu à remercier les 4 conseillers généraux qui, n’étant pas candidats, ne seront plus parmi nous en Avril. Il a également fait une minute de silence pour nos collègues et anciens collègues disparus ces trois dernières années.
Mais au-delà, le travail continu, nous avons adopter plusieurs délibérations cadres importantes : sur la politique de la jeunesse, la lutte contre les discriminations, les orientations en matière de coopération décentralisée, la politique agricole, le pacte territoriale d’insertion, Un nouveau schéma départemental en faveur des personnes âgées,… Nous avons également adopté des motions : de protestation contre la baisse des moyens pour l’enseignement notamment les collèges, contre les projets sur la dépendance de M. Sarkozy, les projets de gare TGV dans notre région,…
Le groupe du Front de Gauche s’est exprimé, a donné son avis, affirmé ses positions et notamment je suis intervenu et nous avons voté contre la délibération concernant le Nouveau partenariat enseignement supérieur, recherche et transfert de technologie : PRES Universud Paris, voila pourquoi :
Comment ne pas être choqués à la lecture de ce rapport ? Aucune lecture politique. Uniquement un accompagnement technique des dispositions législatives des lois Liberté et Recherche Universitaire (LRU 1 et 2) et Adnot, qui cassent la démocratie universitaire et l’université elle-même.
Le rapport parle des PRES (Pôle de recherche et d’Enseignement supérieur) comme d’un « nouvel outil au service du rayonnement des universités ». En effet le gouvernement UMP a prévu un rayonnement, mais au profit du privé.
A cet égard, tous les syndicats, dont nous soutenons le mouvement de protestation, dénoncent que les PRES associés à des projets Initiatives d’excellence (les Idex), pourront délivrés des masters ou doctorats - notamment ceux portés par les laboratoires d’Excellence (Labex) - en lieu et place des écoles doctorales.
Autrement dit, les diplômes nationaux sont remis en cause. Parmi les 42 universités françaises, moins de la moitié pourra délivrer ses propres masters et doctorats, laissant aux autres sites l’appellation de « Collège universitaire » délivrant des licences déconnectées de la recherche. Comment ne pas y voir les menaces d’extrême concurrence à venir entre sites et formations dispensées?
Allons-nous cautionner cela ?
Le rapport ne mentionne rien des dangers et perversités des choix de l’UMP. Bien au contraire, il est affiché une sorte de fierté à vouloir « payer des doctorants », à vouloir promouvoir – je cite – « des diplômes nouveaux ou enrichis » en direction des compétences et débouchés locaux, notamment ceux des pôles de compétitivité, dont nous avons déjà dénoncés les aspects nocifs pour l’emploi.
N’a-t-on rien à dire sur le fait que la loi Adnot fasse entrer le privé dans le patrimoine des universités qui pourront sous-louer leurs locaux au nom d’un partenariat public/privé, mais qui s’avère n’être qu’une ouverture masquée à la suppression de la distinction privé et public ?
Car de fait, en permettant le rattachement des Etablissements Publics de l’Enseignement Supérieur à des Etablissement Public d’Intérêts Commercial, tous les mécanismes seront possibles entre les organismes de recherche au service de la compétitivité des entreprises.
Parallèlement, un simple décret pourra supprimer ces établissements, annonçant la mort programmée de nos grandes institutions publiques que sont le CNRS, l’INSERM, comme c’est le cas actuellement de l’INRP (l’Institut National de la Recherche Pédagogique)
Par ailleurs, le rapport évoque aussi l’ambition de faire venir des entreprises étrangères innovantes en matière scientifique et de recherche sur notre territoire. Comment peut-on vouloir cette captation des compétences alors que nous ne savons pas défendre l’emploi existant ?
La dernière de nos remarques porte sur le rôle même du Département qui ambitionne de bâtir des partenariats internationaux qui devraient relever d’une ambition nationale. A-t-on renoncé à cette exigence politique ?
Pour finir, comment valider que nombre de propositions du rapport aille dans le sens d’une livraison des ressources publiques aux entreprises, sans qu’il ne leur soit jamais demandé d’engagements financiers, de formation, de pérennité de l’emploi?
Comment ne pas se souvenir que chez Sanofi Aventis – qui enregistre 8, 5 milliards de dollars de résultat en 2009 - on ne se cache pas pour dire publiquement : « Pourquoi voudriez-vous qu’on continue à financer 100% de notre recherche interne, alors qu’à l’extérieur, les organismes de recherche publique, les biotechs les universités sont financés tout ou partie par l’Etat et les collectivités territoriales ? »
Après le gâchis financier consenti par le Département à Altis sommes-nous prêts à refaire les mêmes erreurs ? C'est-à-dire à faire payer au contribuable local, le refus des entreprises à investir dans la sphère collective ? Ne nous faisons pas d’illusions, les PME – à une autre échelle certes- ne sont pas exemptes de cette orientation qui leur est dictée par les grands groupes qui les « emploient ».
En réalité alors qu’en 2006, la France consacrait 6,6% de sa valeur ajoutée à la recherche et au développement, la Suède en consacrait 11,1%, la Finlande 10, 9% et l’Allemagne 9,9 % ? C’est bien de cela qu’il s’agit, au nom de la RGPP, un appauvrissement programmé par l’UMP de la ressource nationale en direction de ce secteur pour mieux le vendre au privé.
Les élus du Front de gauche, qui militent quotidiennement au côté des citoyens pour préserver et conquérir des droits sociaux ne peuvent accepter ce recul politique grave, qui met en péril la formation de nos jeunes et l’excellence de la France.
Pour autant, s’il s’agit d’engager une meilleure synergie entre Enseignement Supérieur et Recherche et Département, nous y sommes favorables à condition de véritablement faire la promotion du service public.
Pour cela, nous appelons à repenser ce rapport pour construire un travail partenarial avec les syndicats de salariés du secteur ainsi que de ceux des étudiants.
En l’état les élus du Front de gauche votent contre