Monsieur le Préfet,
Pour ma part, c’est toujours avec plaisir que j’écoute le représentant de l’état, à l’occasion du rapport d'activité de ses services pour l'année 2008.
Malheureusement, et ce depuis quelques années, cette présentation ne fait que relater le désengagement de l’Etat et le rétrécissement de ses actions et de sa présence pourtant si nécessaire. Vous le « dites d’ailleurs « élégamment » dans votre rapport : « avec la RGPP, le nouveau visage de l’administration de l’Etat devrait reposer sur un nombre plus resserré de structures. »
Le plan de relance n’est qu’un plan de communication qui met en musique des mesures pour l’essentiel déjà programmée.
Si l’on prend secteur par secteur :
En ce qui concerne l’emploi,
Le discours du prestidigitateur de campagne électorale ne fait plus illusion. Elles sont loin les promesses de campagne où il s'agissait de provoquer un « choc de confiance », d'aller « chercher la croissance avec les dents » et d'atteindre « le plein emploi en cinq ans ». Et qui peut croire aux bonnes paroles sur « moraliser le capitalisme » et « sanctionner les excès » quand toute sa politique économique et sociale se préoccupe davantage des dividendes des actionnaires que de l'emploi et du pouvoir d'achat des salariés.
Aujourd'hui, avec la croissance économique en berne, plus question de travailler plus pour gagner plus, maintenant c'est travailler moins pour gagner moins. Dans ce contexte, la liquidation des 35 heures et la libéralisation des heures supplémentaires aggravent la situation de l'emploi. Le paquet fiscal et le bouclier fiscal redistribuent aux riches des milliards qui manquent aujourd'hui pour soutenir l'activité en faveur de l'emploi.
Difficile dans ces conditions de faire croire que c'est seulement « la faute à la crise ». La réalité est là : la politique de Sarkozy aggrave la crise pour le plus grand nombre de nos concitoyens. Il veut poursuivre ses contre-réformes libérales de régression sociale et de démantèlement des services publics, ces mêmes politiques à l'œuvre depuis plus de vingt ans dans le monde et qui ont conduit à la crise actuelle.
La hausse dramatique du chômage se poursuit, plus 14 000 en Essonne, et les départements doivent faire face avec leur propres ressources, l’Etat ne compensant pas ces augmentations
Concernant les services publics :
L’école, c’est suppression de postes, paupérisation de l’école publique, organisation de la fuite dans le privé dont on renforce le financement avec la loi Carle.
L’hôpital, c’est la marchandisation générale, la suppression de lits dans le public, on vous propose contre de l’argent d’être opéré plus vite dans le privé,….
La Poste, c’est la privatisation programmée.
Sur la fiscalité
On l’a bien compris le gouvernement insécurise et se prépare à couper les vivres des collectivités territoriales comme le département, et par ailleurs il se contente de repeindre en vert le capitalisme avec sa taxe carbone.
Face à la taxe carbone "injuste socialement et inefficace", les parlementaires (3 députés, un sénateur) proposent l'instauration d'un revenu maximum autorisé et d'un salaire maximal.
"Les très hauts revenus portent un modèle de consommation néfaste pour la planète, un modèle de gaspillage" pendant que "d'autres ont à peine de quoi manger, notamment dans les pays pauvres", a argumenté la députée de Paris.
Il ferait mieux d’abroger le« bouclier fiscal »
Pour la jeunesse :
Le plan jeunesse prépare l'armée de réserve du prolétariat de « la France d'après »!
Le plan jeune présenté fin septembre par Martin Hirsch et Nicolas Sarkozy intervient dans une période qui détruit des dizaines de milliers d'emplois par mois. Le gouvernement devrait donc renforcer les services publics et le niveau de protection sociale des travailleurs. C'est tout le contraire !
Démanteler l'enseignement et la formation pour tous.
Le plan « jeunes » prévoit que les 100 000 jeunes qui dès 16 ans sortent du système scolaire seront principalement réorientés vers les formations privées ou les entreprises (contrat d'apprentissage, contrat d'insertion).
Le gouvernement appelle ces jeunes des « décrocheurs ». Ce terme sous entend qu'ils n'ont pas eu la volonté de poursuivre leurs études. Or, les personnels en charge des dispositifs de réussite éducative constatent que ces jeunes sortent du système scolaire car l'éducation nationale n'offre pas suffisamment de places pour les accueillir tous dans des formations professionnalisantes.
Alors que la réponse aurait pu être des créations de classes et donc des créations de postes d'enseignants, le budget 2010 de l'État prévoit la suppression de 14 000 postes d'enseignants.
Le plan « jeunes » leur réserve des formations privées payantes s'ils peuvent
les payer. Les plus « chanceux » bénéficieront d'une formation en apprentissage,
sachant qu'avec la crise le nombre de ces contrats est actuellement en baisse. Et pour ceux qui ne rentreront pas dans l'un de ces deux cadres, le Président de la République est très clair : ils n'auront rien...
Payer le privé sur les fonds publics
Pour loger les jeunes, l'État devrait impulser la création de logements sociaux
et construire des résidences universitaires au lieu de les fermer comme à Antony! Au lieu de cela, le plan Hirsch propose une pirouette fiscale au bénéfice des
« Propriétaires vertueux »!
En matière de santé, le gouvernement ne propose pas une meilleure couverture
sociale pour les jeunes en lien avec le niveau de revenus de leurs parents, mais le doublement des aides aux jeunes pour leur complémentaire santé. Ainsi l'argent des contribuables va directement dans les caisses des Complémentaires santé privées.
Le RSA « jeunes » ou flux tendu de la main d'œuvre
Le RSA permet d'inciter une personne touchant les minimas sociaux à prendre un emploi au SMIC horaire, mais dont le nombre d'heure, au nom de la flexibilité, ne donne pas au salarié un SMIC mensuel...
Le gouvernement, en ouvrant le RSA aux jeunes de moins de 25 ans, encourage les entreprises à généraliser flexibilité et salaires de misères. Ainsi, l'État demande aux français soumis à l'impôt de compenser la part de valeur ajoutée que les entreprises ne versent pas à leurs salariés. Le jour où les départements ne seront plus en mesure de verser la compensation de leur précarité, ce ne seront pas les entreprises que ces salariés dénonceront, mais les collectivités locales. Ce système est hautement pervers !
Le gouvernement encourage la déqualification et le travail pauvre. Les jeunes travailleurs précarisés dès le début de leur vie professionnelle seront autant de main d'œuvre soumise aux mécanismes du capitalisme.
En fait, nous ne devons pas nous laisser étrangler comme cela, dans un premier temps, le département doit déjà arrêter de payer les dépenses nombreuses qu’il prend en charge à la place de l’Etat.