Retards, vétusté, insécurité… La ligne D du RER, qui relie l'Oise à la Seine-et-Marne en passant largement par l'Essonne, cumule les dysfonctionnements pour ses usagers. Début 2008, la "D" a battu tous les records d'irrégularité : 18,19 % des trains en retard ou annulés. Soit trois points de plus qu'en 2007.
Face à l'aggravation de la situation, le président du Conseil général de l'Essonne, Michel Berson, a demandé à la direction régionale de la SNCF la mise en œuvre de nouvelles mesures d’urgence :
- l’ouverture de la deuxième voie de retournement, nécessaire à la résorption du point noir de Villeneuve-St-Georges dès avril 2008, et le réaménagement des aiguillages de la gare avant la fin de l’année.
- l’accélération du plan de renouvellement du matériel roulant. Le rythme de rénovation des rames à deux étages prévoyait la réhabilitation en moyenne de 17 rames par an. En 2008, ce sont une trentaine de rames qui doivent être rénovées.
- la mise en service effective de la voie Z de la gare de Châtelet dès le 1er janvier 2009, ce qui permettra de faire passer le trafic dans le tunnel -l’un des plus chargés au monde- de 32 à 28 trains par heure et par sens, et donc de limiter les encombrements responsables de la désorganisation de la ligne D.
- l’amélioration de l’information aux voyageurs, notamment au travers des annonces "micro" assurées par les conducteurs.
Le 1er février dernier, le directeur de la Région Paris Sud-Est à la SNCF a confirmé que ces quatre mesures étaient en cours de réalisation.
Par ailleurs, concernant l’enveloppe de 200 millions d’euros inscrite au Contrat de projets État-Région 2007-2013 pour la modernisation de la ligne D du RER, Michel Berson a demandé que trois décisions soient effectivement prises, sans tarder, par la SNCF, RFF (Réseau ferré de France), et surtout le Stif (Syndicat des transports de l’Île-de-France, autorité qui organise les transports franciliens), à savoir :
- la réservation de 40 millions d’euros pour la suppression du point noir du nœud de Corbeil, qui nécessite le décroisement des voies au niveau de la gare entre les lignes du Plateau et de la Vallée.
- la suppression définitive des 40 rames de "petits gris" (vielles rames) encore en service sur la ligne D du RER par des "20-500" rénovés, et rénovation de la totalité des 102 rames "20-500" qui circulent sur la ligne (actuellement seules 83 rames sont concernées dans le plan de rénovation en cours).
- le remplacement de tous les panneaux de téléaffichage obsolètes par des écrans vidéo.
Cette fois, la réponse est venue des plus hautes instances de la SNCF, en la personne de son nouveau président, Guillaume Pépy. A l'occasion de la présentation des résultats du groupe et de son plan stratégique 2008-2012 le 19 mars, le nouveau patron de la SNCF s'est engagé à améliorer le service du RER en Ile-de-France et en particulier celui du RER D. "Nous allons financer un plan de transformation en profondeur du RER SNCF pour moderniser les trains et aider à remettre à niveau le réseau", a-t-il déclaré.
La SNCF prévoit en particulier un "programme choc de remise à niveau de la ligne D du RER (...) pour obtenir de premiers résultats tangibles sur la régularité, l'information et la sûreté en 24 mois", sans préciser le montant des investissements envisagés. La SNCF s'est aussi engagée à bâtir avant l'été 2008 un programme complet de modernisation de la ligne D, avec Réseau ferré de France, la Région Ile-de-France, et le Stif.
Un mois plus tard, ces promesses ont été en partie chiffrées. D'après Jean-Paul Huchon, président de la Région Ile-de-France et du conseil d'administration du Stif, "la SNCF est prête à mettre immédiatement 100 millions d'euros sur la table pour moderniser les RER, en commençant par le RER D". La SNCF et le Stif prévoient en effet de signer un contrat de modernisation des matériels roulants, des infrastructures et des gares, entre juillet et l'automne 2008.
Ces 100 millions viendront en complément des financements du Stif et de la Région pour les matériels roulants. "A l'issue de 2012-2013, nous aurons rénové et remplacé plus de 40% du matériel SNCF de notre territoire et supprimé les 'petits gris'", a précisé Jean-Paul Huchon lors d'une séance de questions orales au conseil régional, le 17 avril.
Autant de nouvelles positives pour les usagers du RER D. Le Conseil général de l'Essonne, fortement impliqué sur ce dossier, a toutefois fait savoir qu'il sera particulièrement vigilant quant à la mise en œuvre effective de ces mesures d'urgence.
Je suis trés attentivement ce dossier, il s'agit pour nous du "mieux vivre" au quotidien.
(voir le site du conseil général)