Le parti de Nicolas Sarkozy a tenu mardi 11 octobre sa convention santé, sous ce titre ronflant :"Garantir à chacun la santé de demain". Pourtant le gouvernement met la santé publique en coupe réglée par le biais des Agences régionales de santé, dont le but essentiel est de fermer un maximum de lits et de services. La construction des hôpitaux est devenue un marché juteux qui fait les choux gras de grands groupes du bâtiment, comme en témoigne de façon éclatante le scandale de l'hôpital d’Évry-Corbeil: au privé la perception d'un loyer exorbitant, aux usagers et aux personnels un hôpital bourré de malfaçons, non conforme avec toujours des moyens en moins !
Le développement des franchises médicales et des dépassements d'honoraires offre un boulevard aux groupes d'assurances privées comme Malakoff-Médéric, dirigé par le propre frère du Président de la République.
Quant à la récente réforme du médicament, elle maintient le poids de l'agence européenne du médicament dans l'attribution des autorisations de mise sur le marché, sans apporter la preuve de leur intérêt, et ne libère ni la recherche, ni les médecins prescripteurs de l'influence des firmes pharmaceutiques.
Le bilan de l'UMP est sans appel: un tiers des français renonce à se soigner convenablement en raison du coût des soins, la mortalité périnatale augmente à nouveau en France, les indicateurs de la souffrance au travail des personnels de santé sont au rouge.
Il est urgent de mettre "l'Humain d'abord" au coeur des politiques publiques, dont celle de la santé. C'est pourquoi nous proposons :
- la suppression des franchises et des dépassements d'honoraires,
- la réintégration des hôpitaux dans le giron du public, la réouverture des services permettant une couverture sanitaire égalitaire de tous les territoires,
- un pôle public du médicament qui finance la recherche, la fabrication et les autorisations en toute indépendance des firmes pharmaceutiques,
- une refondation complète du système de la médecine de proximité afin de résoudre le problème de la démographie médicale.
Pour cela, il faut sortir la santé des traités européens qui en ont fait une marchandise et taxer les revenus du capital. Au delà de 360 000 euros par an l’État récoltera 100 milliards. C'est plus qu'il n'en faut pour financer un système de santé et d'assurance-maladie solidaire à la hauteur des besoins.