Malgré la plus grande discrétion qui entoure le transport de matières radioactives sur le territoire, j'apprends qu'un wagon de déchets de centrale nucléaire italienne a traversé la France depuis la frontière italienne, ce lundi 7 février, pour être y déchargée vers l’usine de La Hague.
Ce wagon est passé à la gare de Vigneux vers 5h45 ce matin, après être passé par Chambéry, Bourg en Bresse, Melun, Villeneuve St Georges, Longjumeau. Il est ensuite passé à Massy, Versailles, Evreux, Caen. Au total il a traversé des secteurs comportant plusieurs millions d'habitants.
Le point positif est que ce transport soit assuré dans le cadre du service public, par le Fret SNCF, qui assure une desserte en wagon isolé.
Mais le problème vient des conteneurs qui n'offrent pas une protection suffisante contre le rayonnement vers l’extérieur des matières radioactives.
Il est donc légitime de s'interroger sur le danger sanitaire de ce wagon tant pour le personnel de la SNCF, de RFF, d'AREVA et des entreprises de manutention, que pour les personnes circulant à proximité immédiate dans les trains de voyageurs ou attendant sur les quais des gares qu’il traverse et où il a stationné parfois plusieurs heures.
Le danger est le même pour le personnel des forces de l'ordre lorsqu'elles voyagent plusieurs heures sans aucune protection dans de simples wagons de voyageurs dans des trains spécialisés convoyant plusieurs conteneurs de matière radioactive consignes données au personnel de la SNCF l’invitant à ne pas s’approcher des wagons radioactifs.
Nous devons exiger toute la transparence sur ces transports. Toutes les personnes concernées, les travailleurs intervenants à proximité, les populations riveraines et les usagers des chemins de fer, doivent être pleinement informées des risques encourus, des précautions à prendre, de la règlementation en vigueur et des mesures prises pour veiller à son respect.
Pour les agents de la SNCF, de RFF, d'AREVA et des entreprises de manutention, quels sont les consignes et dispositifs de protection, gants, lunettes, voir combinaisons, portiques et autres mesures de la radioactivité sur les installations fixes et mobiles, etc...
Pour les usagers, quelles sont les consignes de maintien à distance et leur signalement sur les quais ? Quels sont les dispositions de circulation et de stationnement respectif des autres trains et de ce wagon radioactif pour limiter la réception au passage de dose de radiation ?
Qui serait responsable donc sanctionné en cas de déraillement, quand tout est fait pour diluer les responsabilités, quand on constate que les cadres dirigeants de ces diverses entreprises, pourtant à ce jour encore toutes en partie contrôlées par l’actionnaire majoritaire, l’Etat, se renvoient la balle ? Alors que les alertes ont été lancées et rendues publiques sur la dégradation progressive du Réseau Ferré de France, faute de moyens consacrés à son entretien ? Alors que nombre d’accidents du travail dans ces secteurs, et récemment encore la mort d’un jeune cheminot, sont la conséquence incontestable de la dégradation des conditions de travail imposées par le « management » : recours à des travailleurs intérimaires et mise en postes exposés de jeunes travailleurs encore insuffisamment formés et encadrés ? Quelles sont les consignes et l’entrainement dont disposent pour ce transport les personnes en charge de la sécurité des travailleurs et des populations, élus, administration, Services Départementaux d’Incendie et de Secours ?
Nous devons demander que ce transport soit assorti, tant sur les quais des gares traversées que lors des stationnements, de mesures de radioactivité menées par un laboratoire à l’indépendance incontestée.
Nous devons demander que les dispositions de protection et de sécurité, tant à prendre réglementairement que déjà mises en œuvre, soient immédiatement rendues publiques avant la circulation d'un wagon radioactif.
C'est le sens du courrier adressé au Président de la République par le Parti de Gauche